Retour de la piraterie au large de la Somalie

31/07/2026

Les 19 membres d'équipage du chimiquier Asana, onze marins indiens, cinq Syriens, deux yéménites et un Égyptien, sont retenus prisonniers dans le golfe d’Aden, depuis l’attaque du navire, sous pavillon tanzanien, le 19 juillet 2026. Le 17 juillet, le navire a été touché par un projectile non identifié près du détroit d’Ormuz, au large d’Al-Mukalla, ville du sud du Yémen. Les assaillants somaliens ont dirigé le navire vers les côtes de Somalie. Le navire est au mouillage au large de la ville côtière de Jifle, dans l’État somalien du Puntland, entre Eyl, ancien port de petite pêche devenue haut-lieu de la piraterie, et Garacad, plus au sud. Selon les deux membres des services de sécurité du Puntland, les pirates devraient conduire l’Asana plus au sud, vers la partie septentrionale de la région du Mudug. Les sept pirates viennent de zones autour de Garacad et c’est là qu’ils ont le plus de soutien et de sympathie.

À Jifle, le Sward, sous pavillon syrien, détourné le 26 avril au large de la Somalie, est également à l’ancre. Il a été utilisé comme bateau-mère pour s’emparer le 16 juillet de deux bateaux de pêche iraniens, depuis libérés après versement d’une rançon de 20 000 dollars pour chacun. Les Honour 25 et Eureka , deux pétroliers détournés respectivement mi-avril et début mai, sont toujours retenus avec leur équipage otage à Kulule, à environ 200 km au nord de Jifle. Le 28 avril, une tentative d’assaut au large des côtes, contre le pétrolier maltais Minerva-Pisces, a été repoussée par l’équipage à la suite de manœuvres d’évitement et de tirs de sommation. Ce sont 44 marins qui sont retenus. 

Après un pic en 2011, les actes de piraterie au large de la Somalie avaient fortement diminué, mais plusieurs navires ont été détournés par des pirates somaliens depuis avril 2026 dans le golfe d’Aden. Entre 2008 et 2012, plus de 600 attaques avaient été menées, rapportant 400 millions de dollars (345 millions d’euros) aux groupes de pirates. Depuis novembre 2023, une résurgence inquiétante de la piraterie est observée, après plusieurs années de calme relatif ; 73 attaques ont été recensées. En 2026, 14 attaques de navires ont été recensées par le déploiement militaire naval de l’Union européenne, la mission Atalante. Le 21 avril, le pétrolier Honour-25, battant pavillon de Palau, un archipel de l’océan Pacifique, et transportant 18 500 barils de pétrole, a été capturé par des hommes armés, qui séquestrent depuis les 17 membres d’équipage. Le 26 avril, c’était le cargo Sward ; ce vraquier sous pavillon de Saint-Christophe-et-Niévès, en mer des Caraïbes, transportait du ciment entre Suez, en Egypte, et le port de Mombasa, au Kenya. Des négociations sont en cours avec les propriétaires des navires pour la libération des équipages et le versement d’une rançon.

Les routes maritimes liée aux risques sécuritaires dans le golfe d’Aden ont été reconfigurées depuis les attaques des houtistes, ce qui crée des opportunités à partir de la Somalie. Le trafic maritime est plus proche et les forces navales préoccupées par les détroits d’Ormuz et de Bab-Al-Mandeb. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, des trafics traditionnels d’armes, de khat et de drogue sont interrompus. Selon le MICA Center, trois groupes de pirates ont été identifiés en Somalie. Chacun possède des unités spécialisées dans la capture, la négociation de la rançon ou encore la garde du navire et de son équipage, soit une centaine de personnes au total. De nombreux navires venus d’Asie et du Moyen-Orient pêchent dans les eaux somaliennes au mépris des réglementations internationales, profitant du fait que Mogadiscio est incapable de contrôler sa propre zone économique exclusive. 


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